Aller au contenu
Ouverture des inscriptions le 15 avril 2024 Programme écoles

La vie en dehors de la Terre

Rencontre

Amphimax 350

R La Vie En Dehors De La Terre
01 juin à 13:00

Ces dernières années, de nombreuses planètes potentiellement habitables ont été découvertes. Pourtant, à ce jour, la recherche de traces de vie extraterrestre n’a rien donné. Alors, sommes-nous vraiment seul·e·s dans l’Univers? Où pourrait-on espérer trouver de la vie ailleurs que sur Terre et quand? Pour en parler, le professeur d’astrophysique Michel Mayor, prix Nobel de physique 2019, nous expliquera pourquoi, selon lui, la vie ne peut pas être une exception terrestre.

Durée: 60 min.
Thumbnail

Michel Mayor

Thumbnail

Michel Mayor

Si l’astrophysicien Michel Mayor a découvert « 51 Pegasi b », la première exoplanète, il reste convaincu que l’avenir de l’humanité s’écrira sur notre bon vieux vaisseau.

Michel Mayor n’est pas près d’oublier ce mois d’octobre 1995 où, avec Didier Queloz, son doctorant d’alors, il annonçait leur trouvaille au monde. « La nouvelle a aussitôt fait le buzz, les imaginations se sont emballées. La température à la surface de « 51 Pegasi b » a beau avoisiner les 1000 degrés, qu’à cela ne tienne, beaucoup de gens se sont dès lors figurés qu’il serait possible d’aller vivre ailleurs dans l’Univers ! »

Vingt-quatre ans plus tard, en 2019, cette découverte rapportait le Prix Nobel de physique aux deux scientifiques. Dans l’intervalle, les projets d’émigration vers des mondes extraterrestres se sont multipliés : « La crainte de voir le climat terrestre évoluer dans le mauvais sens les a remis au goût du jour », relève Michel Mayor.

Si aujourd’hui certains imaginent un million de colons débarquant sur Mars d’ici 2050, pour d’autres, la planète rouge n’est que la première étape d’un voyage encore plus lointain. L’astrophysicien s’agace : « Aller sur une exoplanète ? Du point de vue des lois de la physique, c’est du délire ! Où trouvera-t-on l’énergie pour que la fusée atteigne une vitesse proche de celle de la lumière de sorte que le voyage dure quelques siècles et non des millions d’années ? Et comment fera-t-on pour décélérer d’autant ? »

À vrai dire, la découverte des exoplanètes soulève des questions qui l’intéressent bien davantage que ces projets romanesques : « Savoir qu’il y a d’autres mondes dans l’Univers – à l’heure actuelle, on a identifié plus de 5000 exoplanètes – nous amène à nous demander si la vie existe ailleurs ou si la Terre est une exception », souligne-t-il. Et d’ajouter que trouver 51 Pegasi b a eu un deuxième effet : celui de tirer des oubliettes de la science cette thématique complexe dont les chercheurs s’étaient désintéressés après une cascade de fausses annonces amorcée en 1943. « Lorsque nous avons entamé nos recherches à la fin des années 1980, nous étions huit dans le monde à travailler sur ce domaine. Aujourd’hui, de nombreuses équipes multidisciplinaires rassemblant astronomes, physiciens, chimistes et géologues s’y intéressent. Le sujet est redevenu prioritaire », se félicite-t-il.

Partager